Comment (re)Devenir les Champions du Monde de la Dentisterie?

La victoire de l’équipe de France de football aux derniers championnats du monde est, au delà de l’enthousiasme nationaliste, une source d’inspiration professionnelle pour tous les chirurgiens-dentistes qui doivent manager une équipe.

L’analyse de l’attitude et des comportements des membres de l’équipe et de leur encadrement, aussi bien sur le terrain que dans les vestiaires, permettent de dégager les cinq facteurs nécessaires pour atteindre les sommets :

1- CONSTRUIRE UNE EQUIPE SOLIDE

Contrairement aux équipes réunies autour d’une seule star (le Portugal et Ronaldo, l’Argentine et Messi), la victoire des Bleus est bien plus la victoire de l’Equipe que celle des individualités.

Pour construire une bonne équipe, il faut 3 ingrédients :

  • Définir un objectif commun et le rappeler si besoin.
  • Choisir des personnalités complémentaires et créatives.
  • De l’authenticité pour éviter les conflits et les mesquineries.

2- CONSTRUIRE SA LEGITIMITÉ

Tous les commentateurs ont salué le travail et l’attitude de Didier Deschamps dans cette victoire. En effet, le sélectionneur n’a pas oublié de faire ses preuves avant de soulever le trophée. En tant que joueur, il a fait partie des grandes équipes européennes (notamment la Juventus de Turin, réputée pour sa discipline de fer) et il a surtout remporté la coupe du monde en 1998 en tant que capitaine.

Didier Deschamps semble avoir les qualités d’un excellent leader:

  • Sérieux et application.
  • Proximité et solidarité avec ses joueurs et son staff dont il partage les efforts, les joies mais aussi les peines.
  • Humilité, qui contraste avec l’arrogance du monde du football.

3- SAVOURER LES SUCCÈS

Après les deux premiers matchs de poule, synomynes de qualification pour les 8èmes de finale, D. Deschamps s’est adressé ainsi à ces joueurs : «Deux victoires, il n’y en a pas beaucoup qui l’ont fait. Pour le moment l’objectif est atteint, puisqu’on est qualifié. Savourez. Soyez fier de ce que vous avez fait (…) Pas s’enflammer non plus… mais savourer! Vous avez travaillé dur pour ça».

Il ne faut jamais se priver d’exprimer et de partager des émotions positives au cabinet dentaire : féliciter son assistance lorsqu’elle le mérite, exprimer honnêtement de la gratitude à un patient pour sa confiance, sa patience ou sa compliance, partager sa joie d’avoir réussi un travail difficile… Car sans ces petites satisfactions quotidiennes, la vie professionnelle de chacun devient vite terne et apathique et le ciment sensé unir et motiver les membres de l’équipe s’érodera inexorablement.

4- ETRE EXIGEANT

Pour avoir des collaborateurs exigeant envers eux-mêmes, il faut être en mesure de montrer l’exemple soi-même. Ne pas se satisfaire de la médiocrité et essayer de toujours faire mieux.

Pour cela, il faut deux attitudes complémentaires :

  • Etre lucide et regarder la réalité de ses erreurs en face pour pouvoir se remettre en cause et déterminer ce qui n’a pas fonctionné.
  • Etre bienveillant : lorsqu’un de nos collaborateur est en difficulté, il faut pouvoir être prêt à lui venir en aide et à lui renouveler notre confiance dans les moments de doute.

5- TRAVAILLER, TRAVAILLER, TRAVAILLER ENCORE…

Quelque soit la discipline sportive, les spectaculaires exploits des joueurs ne sont pas le fruit d’un don providentiel ou d’un soi disant talent inné mais bien d’un travail de tous les jours, pendant des années et des années d’entrainement acharné.

La dentisterie de haut niveau n’échappe pas à cette règle :

  • S’entrainer encore et encore…
  • Ne pas se chercher des excuses en cas d’échec.
  • Se laisser des périodes de récupération pour éviter la blessure ou le burn-out.

CONCLUSION

La France est à nouveau sur le toit du monde en ce qui concerne le football (mais brille aussi, ne l’oublions pas, en judo, en handball, en rallye automobile, en saut à la perche, en biathlon, en décathlon…).

Concernant la dentisterie, malgré un glorieux palmarès allant de Pierre Fauchard à François Duret en passant par des Bernard Touati, des Gérard Chiche et beaucoup d’autres, notre classement international ne fait que dégringoler :

  • Le niveau global de la santé bucco-dentaire de nos concitoyens est alarmant,
  • Les écoles dentaires françaises sont désormais absentes du haut des classements internationaux,
  • Les congrès internationaux ne comptent presque plus aucun speaker ou participant tricolore,
  • L’unité de notre profession face aux volontés politiques d’encadrement et de réglementation est proche du néant.

La dentisterie française doit se relever, se remettre au travail, retrouver sa fierté, montrer l’exemple et se battre pour l’excellence! « Aux Armes Citoyens! »


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2 commentaires sur “Comment (re)Devenir les Champions du Monde de la Dentisterie?”

  1. Senese

    Quel enthousiasme! Merci pour ce partage.

    Avez-vous des propositions concrètes ou des pistes à suivre?

    Un de mes amis disait : nous finissons par valoir le niveau de nos honoraires!
    Vous êtes en effet dans un pays où les honoraires sont bien déterminés par des fonctionnaires…

    Je suis Belge et nous avons en Belgique une université très bien classée au niveau mondial, c’est la KUL.
    Le corps enseignant est orienté DANS SON ENTIÉRETÉ VERS cet objectif. Des noms reconnus internationalement en passant, De Laat, Bart Van Meerbeek, Marc Quirynen.

    Malgré que je sois de la partie francophone, je dois reconnaitre leur volonté de travailler vers l’excellence.

    Comment amener ce changement? Comment hisser vers le haut les professeurs des universités et les diriger vers des objectifs nobles et vers des direction communes utiles à tous. Comment réduire leur ego et les faire penser en NOUS.

    Ce chemin serait possible si la volonté politique pouvait également aller dans ce sens.
    Au lieu de nommer faire en sorte qu’ils doivent briller, nos enseignants éteints.
    Simple, 50% enseignement et 50% publication et clinique.
    Si pas ok, dehors comme dans toutes les entreprises qui réussissent.

    Que c’est bon de s’exprimer ;-))

    Grégoire de Bruxelles

    Répondre
    • thedentalist

      Cher Confrère,
      merci d’avoir pris le temps de commenter depuis votre belle ville de Bruxelles.
      Vous posez de nombreuses questions auxquelles il est bien difficile de répondre mais puisque vous me le demandez, je me permets de vous donner mon avis.
      Je pense que le problème de la dentisterie française est plus lié à ses instances réglementaires (Sécurité Sociale, Conseil de l’Ordre, complémentaires santé, politiques…) qu’à ses Ecoles Dentaires. Bien que ces dernières ne soient innocentes comme nous l’avions abordé dans un précédent article intitulé « Faut-il améliorer l’Enseignement de l’Odontologie?« , on trouve de bons et de mauvais enseignants-chercheurs dans à peu près toutes les facultés. Les problèmes surviennent lorsque les seconds empêchent les premiers de poursuivre leurs missions. Mais quand bien même les jeunes diplômés ne seraient pas bien formés, il dispose d’une offre pléthorique de formation continue et le praticien motivé pourra dénicher des formations de très bon niveau. Soit.
      Le problème est que ce praticien aura toute les difficultés du monde à mettre son savoir et son savoir-faire en pratique. De plus, dans notre pays, la culture populaire veut que les soins et la Santé soient gratuits. Mais comme ce n’est pas possible en réalité, politiques, assureurs, médias etc. distille cette idée que les soignants sont des nantis doublés d’escrocs notoires. Résultat : réglementation après réglementation, les soignants en 2018 n’ont plus les moyens de jouer ce jeu de dupes. Ils se résignent puisque le système favorise des soins médiocres pour tous et punit ceux qui veulent proposer un meilleur niveau de soins.
      Ce que votre ami résume à merveille : « A ne pas demander les honoraires au niveau de ce que nous valons, alors nous finissons par valoir le niveau de nos honoraires. »
      Lorsqu’il m’arrive d’expliquer à mes confrères étrangers comment se pratique la dentisterie en France, ils n’en croient pas leurs oreilles! Criblée de dettes, pusillanime et réduite à des politiques électoralistes court-termistes, la France n’a malheureusement plus les moyens de ses ambitions.

      Pouvez-vous nous dire ce qu’il en est en Belgique?

      Répondre

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