Jusqu’où Aimez-vous l’Endodontie?

Dans l’immensité de l’Univers, il existe un minuscule espace à l’intérieur des organes dentaires appelé endodonte. Toutes les pathologies et les manoeuvres thérapeutiques qui s’y rattachent sont regroupées sous le terme d’endodontie.

Malgré des éducateurs de très haut niveau et un nombre croissant de praticiens très motivés dans ce domaine, l’endodontie française, dans son ensemble, va mal. La qualité des traitements endodontiques réalisés dans le pays laisse souvent à désirer. Soit parce que les praticiens français réalisent des traitement endodontiques là où ils pourraient être évités et la vitalité pulpaire préservée; soit parce que, lorsqu’il est indiqué, le traitement endodontique est mal conduit.

ENDO : JE T’AIME. MOI NON PLUS

Dès sa formation initiale et les premiers TP d’endodontie, le futur-praticien ressent déjà une forte angoisse, rien qu’à l’idée d’explorer les quelques millimètres du canal d’une incisive centrale extraite. L’acquisition de la technique endodontique de base demande pas mal de sang-froid et sera bien souvent le seul bagage dont dispose le jeune praticien face à l’immense variété des situations endodontiques que l’on rencontre en clinique.

Le monde des praticiens plus expérimentés se divise ensuite en deux catégories :

  1. Ceux qui détestent l’endodontie et qui font tout ce qui est possible pour ne plus avoir à la pratiquer (orthodontie, implantologie…)
  2. Ceux qui adorent l’endodontie et qui poussent parfois leurs compétences dans ce domaine jusqu’à l’exercice exclusif.

Dans la mesure où les omnipraticiens sont amenés à faire face à des pathologies endodontiques et à tenter de les traiter. Il y a beaucoup à apprendre de la science endodontique et des praticiens endodontistes :

  1. En diagnostic : puisque qu’en endodontie, il important de comprendre, à partir d’une batterie de tests cliniques et d’un raisonnement logique, le type et le stade du mécanisme pathologique. La sémiologie endodontique est fine et subtile notamment en ce qui concerne la pathologie pulpaire, la pathologie péri-apicale, la traumatologie, les fêlures etc.
  2. En technique anesthésique : puisque la douleur est bien souvent ce qui amène les patients à nous consulter et que n’importe quel acte endodontique, pour être réalisé sereinement, doit – entre autres – se faire dans de bonnes conditions d’analgésie.
  3. En technique endodontique : puisque le polymorphisme et la grande variabilité du vivant conduit à une infinité de situations anatomiques et pathologiques auxquelles le praticien doit s’adapter.

MAITRISER LES NOTIONS DE BASE

Le principe de base de l’endodontie est le suivant : Mise en forme – Désinfection – Obturation (le « Shape – Clean – Pack » des anglo-saxons). C’est la qualité de mise en forme du système canalaire qui permet à la solution de désinfection puis au matériau d’obturation d’atteindre les recoins les plus éloignés de l’endodonte .

Mais pour faire face à l’immensité des situations endodontiques et améliorer ses résultats cliniques, le praticien doit respecter scrupuleusement un certain nombre de principes de base :

  • Le Champ Opératoire : l’isolation de la dent n’apporte que des avantages puisqu’elle améliore les conditions d’asepsie de l’acte endodontique et prévient les risques d’ingestion par le patient d’instruments endodontique ou de solutions d’irrigation.
  • La Cavité d’Accès : la qualité de la réalisation de la cavité d’accès conditionne énormément les étapes de mise en forme canalaire et donc les performances de la désinfection et de l’obturation tridimensionnelle de l’espace endodontique. Il faut pour cela connaitre des repères anatomiques propres à chaque type de dent afin que la cavité d’accès ne soit ni trop petite (ce qui nuirait à l’instrumentation endodontique), ni trop grande (ce qui fragiliserait inutilement les parois coronaires de la dent).
  • L’instrumentation : qu’elle soit manuelle ou mécanisée, l’instrumentation endodontique nécessite une très bonne connaissance de ses caractéristiques et de son mode d’emploi. Sans cela, le praticien s’expose à de redoutables complications opératoires allant de la création d’obstacles intra-canalaires à la fracture instrumentale.
  • L’Irrigation et la Désinfection : l’objectif principal du traitement endodontique étant l’obtention et le maintient d’une relative stérilité du réseau canalaire, il est capital de connaitre les différentes solutions d’irrigation, les médications intra-canalaires et les moyens d’optimiser leur action endodontique.
  • L’Obturation : étape finale du traitement endodontique, sa réalisation et son efficacité dépendent grandement de la bonne réalisation des étapes qui la précèdent. De nombreuses techniques existent faisant intervenir des équipement spécifiques et une technique opératoire toujours délicate.

ALLER PLUS LOIN EN ENDODONTIE

Au delà des situations « de base » qui, nous l’avons vu, ne se ressemblent pas, il y a des situations plus « complexes » mais pas moins fréquentes : situations anatomiques difficiles, pulpolithes, retraitements endodontiques, instruments fracturés, perforations, dents immatures, traumatologie, chirurgie endodontique…

Le dernier ouvrage de Stéphane Simon (L’Endodontie de A à Z – Editions CdP) est un excellente synthèse sur le sujet. Il permet non seulement de réviser les notions endodontiques de base qu’il est toujours bon de se remémorer mais également de découvrir les dernières avancées technologiques (instruments mécanisés, matériaux bio-actifs) et de se perfectionner dans les techniques de re-traitement ou de chirurgie endodontique.

Pour d’autres sources de formation en endodontie, nous conseillons :

CONCLUSION

Les endodontistes – qu’ils soient spécialistes ou non – méritent un maximum de respect car ce qu’ils font est très difficile, très technique, très chronophage et (dans le cas de l’omnipraticien) très très mal rémunéré. Pourtant, le développement de la science et des techniques endodontiques élargit sans cesse les possibilités de conservation des organes dentaires.

Mais le mérite des endodontistes ne devraient pas se borner aux seuls odontologistes et aux patients qu’ils soignent. Le respect devraient tout autant venir des organismes sociaux. Et ce respect passe par des honoraires dignes de l’investissement technique et du service rendu.

Il y a fort à parier que si l’on subsituait les honoraires implanto-chirurgicaux aux honoraires endodontiques, il y aurait plus d’endodontistes que d’implantologistes. Toujours est-il que la situation actuelle donne l’illusion que les implants ostéo-intégrés seraient préférables aux dents naturelles. Ce qui est loin, très loin d’être sûr…


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2 commentaires sur “Jusqu’où Aimez-vous l’Endodontie?”

  1. Veronique BARBET

    bonjour
    tu oublies de mentionner le Société Odontologique de Paris ( SOP) qui fait un cursus de formation en endodontie ( Cycle long en endodontie) que j’ai suivi en 2012.2013, ainsi qu’une Masterclass dont j’ai un peu été l’instigatrice.
    Très bonne formation avec des moyens techniques impressionnants et des enseignants très disponibles et accessibles humainement.

    Répondre

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