Comment Soigner Ses Courriers?

papyrus

La correspondance médicale joue un rôle important dans la communication des données médicales d’un praticien à un autre. Outre son rôle médico-légal, elle permet une communication entre les professionnels de santé et comme dans tout type de communication : il y a le fond et la forme.

CE QU’IL NE FAUT SURTOUT PAS FAIRE?

Vous souhaitez adresser un patient?
Evitez les erreurs de ce type : Il s’agit d’un implantologiste qui reçoit un nouveau patient adressé par son praticien traitant. Le patient a, dans une main une radio panoramique et dans l’autre un courrier.

Voici la radio panoramique :

patient adressé à l'implantologiste pour le secteur maxillaire gauche

Voici le contenu du courrier : « Cher Confrère, je te confie Mr Michu pour une solution implantaire au maxillaire supérieur gauche afin de faire un bridge. Bien cordialement. Signé : Dr Machin. »

Avec un contenu aussi laconique, le praticien aurait aussi bien pu s’éviter la peine d’écrire, le patient ayant pu exprimer son problème de la même manière, hormis pour le soit-disant « bridge ».
On ne peut que regretter l’absence de renseignements sur l’état de santé général du patient et sur son histoire dentaire. Si l’on regarde la radiographie panoramique, on ne peut que déplorer l’absence de plan de traitement et de réflexion clinique : certes, le bridge du secteur 20 est perdu mais quid des autres secteurs, qui présentent un large panel de désordres plus ou moins pathologiques…
Le message subliminal de ce type de courrier est : « Cher Confrère, je suis débordé, je n’examine même plus mes patients, SVP débarrassez-moi aussi de Mr Michu et débrouillez-vous avec. Cordialement. » et dans ce cas de figure : le correspondant part de zéro pour comprendre, analyser et traiter le problème.

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE

Au contraire, profitez de cette occasion pour soigner la forme et le fond votre courrier car vous pourrez en tirer deux avantages :

Eviter au correspondant de perdre du temps inutilement

Sur la forme : évitez si possible l’écriture manuscrite, toujours plus difficile à lire, voire indéchiffrable ;

Sur le fond : détaillez clairement :

  • Le nom et la date de naissance du patient
  • Les particularités de son état de santé général
  • Les raisons qui l’ont poussé à vous consulter
  • Vos constatations cliniques exhaustives
  • Les raisons qui vous poussent à référer le patient
  • Vos hypothèses diagnostiques et thérapeutiques
  • Vos interrogations éventuelles
  • Ce que vous souhaitez que le correspondant fasse pour vous et pour votre patient
  • Les remarques/observations particulières à la situation (Ex : veuillez noter que la patiente est très émotive / entend très mal / souhaite différer telle phase du traitement…)

Donner une image de sérieux de votre pratique

  • Votre correspondant va remarquer votre précision et apprécier la considération que vous portez à votre patient et à lui même. Il est probable qu’il ait lui aussi l’envie de vous adresser des patients si vous possédez une compétence particulière ou en tout cas de parler de vous en bien.
  • En étant exhaustif, vous allez permettre au correspondant de caler son discours sur le votre et évitez au correspondant de parler au patient d’un problème qui n’aurait pas dû vous échappez. La confiance du patient est améliorée et renforcée.
  • En cas de litige, la correspondance laisse une trace médico-légale indélébile de votre volonté à faire votre travail consciencieusement.

CONCLUSION

Avez-vous remarqué combien les compte-rendus des praticiens hospitaliers étaient détaillés. Trop peut-être? Pas si l’on considère que les erreurs au sein des équipes surviennent, pour la grande majorité, en raison d’une mauvaise communication entre les membres.

L’odontologie n’est pas une sous-médecine. A ce titre, elle mérite une correspondance professionnelle digne de ce nom.

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