Actualités de la Zircone

Voilà maintenant 15 ans que la zircone a fait son apparition dans le monde dentaire et a ainsi ouvert la voie à une nouvelle ère en matière de dentisterie restauratrice et d’usinage CAD-CAM.

Le matériau a connu dernièrement quelques évolutions pour améliorer ses propriétés physico-chimiques et étendre ses champs d’application. Mais comme il est toujours utile de bien connaître les matériaux que l’on met en oeuvre, embarquons pour un petit tour des dernières nouveautés en matière de zircone dentaire.

Pour quelques rappels sur les céramiques et la zircone, nous vous invitons à vous référer aux articles précédents :

LES NOUVELLES ZIRCONES

La première génération de zircone est classiquement dénommée 3Y-TZP, très opaque et très dure (1200 MPa de résistance à la flexion). Elle fait toujours figure de référence et reste indiquée pour les infrastructures prothétiques devant être émaillée de céramique cosmétique.

Mais le problème majeur avec la zircone maquillée est le risque de « chipping » : des éclats ou des fractures de la céramique cosmétique sous l’effet des forces occlusales. L’usinage de prothèses monolithiques (dites monobloc ou full zircone) est une solution pour tenter d’éliminer ce problème. Une 2ème génération de zircone a alors fait son apparition : il s’agit toujours d’une zircone stabilisée par 3% d’Ytrium (3Y-TZP) mais pour laquelle les propriétés optiques ont été améliorées pour plus de translucidité. Le rendu esthétique est amélioré (mais pas dingue non plus) et acceptable pour les restaurations monolithiques postérieures. En revanche, on constate une augmentation du phénomène de dégradation à basse température (Low Temperature Degradation) dont nous avons déjà parlé dans un article sur les armatures zircone de grande étendue.

Toujours pour améliorer les propriétés optiques du matériau, est arrivée la 3ème génération de zircone : celle des zircones translucides ou partiellement stabilisées car le pourcentage d’ytrium pour les stabiliser augmente pour donner les zircones 4Y-TZP et 5Y-TZP.

La zircone multi-couches permet un meilleur rendu esthétique pour les restaurations monolithiques.


Chimiquement on obtient une structure de plus en plus cubique et de moins en moins tétragonale. Et cela se traduit pour diminution drastique des propriétés physiques du matériau puisque sa résistance à la flexion passe sous le seuil des 700MPa pour une épaisseur minimale de 1mm. Ces nouvelles zircone ne pourront donc pas être indiqués dans les zones postérieures et devront se limiter aux restaurations monolithiques du secteur antérieur.

LE COLLAGE DE LA ZIRCONE

Comme nous l’avons expliqué dans nos précédents articles sur le sujet, la zircone est une céramique poly-cristalline qui ne contient pas de phase vitreuse, ce qui empêche de pouvoir la mordancer, rendant ainsi le collage de ce matériau virtuellement impossible – contrairement aux vitro-céramiques comme l’E-max.

Pourtant, la question « Peut-on Coller la Zircone? » reste d’actualité comme par exemple les situations clinique de faible rétention ou bien pour augmenter l’étanchéité et la stabilité de l’assemblage.

Une liaison chimique adhésive est pourtant possible à condition:

  1. de débarrasser la surface de la zircone des résidus phosphates
  2. d’utiliser un zircone-primer spécifique contenant des phosphates tel que le Monobond Plus (Ivoclar) ou le Z Prime Plus (Bisico).

Le protocole de collage de la zircone est donc le suivant :

  • Essayage de la prothèse en bouche. Là, la contamination salivaire amène des phosphates qui vont rentrer en compétition avec le primer.
  • Rinçage à l’eau, séchage de l’intrados prothétique et application d’Ivoclean (Ivoclar) ou à défaut de l’hypochlorite de sodium (NaOCl) pendant 20 secondes. Surtout pas d’etching à l’acide phosphorique.
  • Rinçage à l’eau et séchage.
  • Sablage léger (2 bars) de l’intrados prothétique à l’oxyde d’alumine 50 microns.
  • Application du zircone-primer de votre choix pendant 1 minute puis séchage.
  • Traitement de la surface dentaire (procédure adhésive classique).
  • Utilisation d’une colle auto-adhésive dual telle que RelyX Unicem II (3M) ou Multilink Automix (Ivoclar).

LA ZIRCONE EN IMPLANTOLOGIE

La zircone trans-gingivale remplace avantageusement le métal.

Tout naturellement, la zircone a su se tailler une place de choix en implantologie en raison de sa biocompatibilité et de ses propriétés esthétiques en particulier au niveau de la partie transmuqueuse des prothèses implantaires.

Des piliers prothétiques en zircone ont été proposés comme alternative au métal.

Important : la connectique implantaire doit toujours se faire affronter des matériaux de même nature. Un pilier dont la connexion est en zircone est déconseillé dans un implant en titane et vice versa.

Il vaudra mieux privilégier des piliers dits « hybrides » obtenus par l’assemblage d’une connexion titane parfaitement adaptée à la connexion de l’implant et d’une partie coronaire en zircone.

Couronne implantaire céramo-céramique montée sur Ti-base

Mais l’extension du champ d’application de la zircone en implantologie ne doit pas faire oublier les propriétés mécaniques de ce matériau. La prothèse implanto-portée étant beaucoup moins tolérante que la prothèse dento-portée, le praticien et le laboratoire devront veiller :

  • au bon choix du type de zircone et de sa qualité
  • au respect de son bon processus d’usinage et de sintérisation
  • au respect des épaisseurs minimales, surtout dans les cas d’espace prothétique limité.

Pour aller plus loin :

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3 commentaires sur “Actualités de la Zircone”

  1. Pauline

    Bonjour,

    Merci pour vos articles.
    Comment mesurer la pression de nos micro sableuses branchées sur le raccord turbine, afin d’être sure que le sablage ne soit pas trop agressif ?

    En vous remerciant,
    Pauline

    Répondre

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