Comment Evaluer le Risque Medical?

risque

QU’EST CE QUE LE RISQUE?

Les premiers mathématiciens (Huygens, Pascal, Bernouilli) à s’être penché sur la notion de risque sont partis des jeux de hasard pour échafauder une théorie statistique des probabilités et tenter de répondre à la question suivante : Pourquoi, alors que mathématiquement l’espérance de gain est infinie à un jeu, les joueurs refusent-ils de jouer tout leur argent?
Lorsqu’une personne prend un risque, elle entreprend une action avec un espoir de gain et/ou une possibilité de perte.

En médecine, la notion de risque est omniprésente. Elle est au coeur de la prise de décision et doit être mise en balance avec un bénéfice potentiel espéré. La notion de risque dépend donc de la perception que nous avons d’une situation. En première approche, nous pouvons dire que cette perception est variable en fonction de facteurs humains subjectifs et de facteurs culturels.

PERCEPTION ET EVALUATION DU RISQUE

Pour mieux quantifier le risque, il faut essayer de distinguer :

  • Les causes : ce sont les facteurs de risque
  • Les objets sur lesquels les causes vont avoir un impact et leur vulnérabilité
  • Les conséquences, notamment en termes de gravité ou de sévèrité
  • Les probabilités de survenue

La perception et l’évaluation des risques en médecine passent par un recueil exhaustif et systématique des signes et des symptômes grâce à :

  1. L’anamnèse
  2. L’examen clinique
  3. Les examens complémentaires

LA DISTRIBUTION DU RISQUE

Un caractère observable et mesurable dans une population d’individus comparables a souvent une fréquence modélisée par une loi normale. Ex : la taille des sujets (en séparant les hommes et les femmes).

Gauss 2
Mean = moyenne
SD = écart-type

 

En fonction de la variable observée, la forme de la courbe peut changer mais conserve un aspect caractéristique  en cloche.

Gauss 1
La variable étudié sur la courbe rouge est plus variable que la variable étudiée sur la courbe marron.

 

 DISTRIBUTION DU RISQUE MEDICAL

Les symptômes et les signes cliniques observables sur nos patients se distribuent également selon une loi normale.

Gauss et Risque1

Plus le patient présente de signes cliniques associés à une pathologie ou à un syndrôme, plus les risques suivants augmentent :

  • risque d’apparition du problème
  • risque de sévérité du problème
  • risque d’échec ou de complications lors du traitement
  • risque de récidive du problème malgré le traitement

Les facteurs de risque doivent toujours être mis en relation avec l’âge du patient.

La répartition des signes cliniques recueillis lors de  l’anamnèse, de l’examen clinique et des examens complémentaires permet de définir un profil de risque pour chaque patient.

IMPLICATIONS CLINIQUES

Imaginons plusieurs situations cliniques :

  1. Si un patient de 19 ans présente de nombreuses restaurations en bouche, trois lésions carieuses amélo-dentinaires actives, a déjà eu une dent permanente extraite en raison de caries et si l’examen des habitudes alimentaires révèle une forte consommation de boissons sucrées : on peut conclure que ce patient est à haut risque de destruction des tissus dentaires par la maladie carieuse. Des mesures préventives et thérapeutiques s’imposent de toute urgence pour diminuer l’impact des facteurs de risque. Une maintenance et un suivi individualisé sont également nécessaires car le risque de récidive est grand.
  2. Si le même état dentaire est constaté sur un patient de 79 ans, le risque n’est pas du tout aussi élevé. On peut même considérer qu’un état dentaire de ce type est assez satisfaisant à cet âge. Le risque de progression de la maladie carieuse est faible à modéré. Les soins en bouche témoignent d’une maladie carieuse ancienne que les traitements et les mesures préventives ont permis de stabiliser.
  3. Si une patiente de 30 ans ans rapporte des saignements de gencive, présente radiologiquement niveau osseux à 3mm de la jonction amélo-cémentaire (JAC) uniquement au niveau des molaires alors le risque de développement d’une maladie parodontale est considéré comme modéré et nécessite des mesures spécifiques.
  4. Si une patiente du même âge présente radiologiquement un niveau osseux général à 3mm de la JAC mais qui fume 10 cigarettes/j, et signale que ses parents ont perdu leurs dents et porté des prothèses amovibles jeunes, alors le risque parodontal est décuplé et devient élevé.

 

CONCLUSION

Les notions de risque sont fondamentales en médecine pour :

 

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