Covid-19 : Comment en Finir?

Plusieurs mois après l’apparition de la pandémie mondiale de Covid-19, beaucoup, beaucoup d’encre a coulé sur le sujet. Et à l’heure où s’amorce le retour à une vie déconfinée, un nouveau challenge se présente à nous : comment faire pour reprendre une vie professionnelle (et personnelle) à peu près normale? Les recommandations émises par les « autorités de tutelle » sont souvent pléthoriques, anxiogènes et nous font perdre de vue les principes essentiels de la prévention des maladies infectieuses.

Nous avons voulu, au travers de cet article, synthétiser quelques unes notions que nous avons glané tout au long de la crise et qui nous ont semblé importantes à connaitre pour mieux appréhender cette nouvelle période qui s’ouvre, sans pour autant oublier que le virus et la maladie qu’il provoque sont nouveaux et encore, en grande partie, mal compris.

COMPRENDRE LE RISQUE DE TRANSMISSION

Face à un ennemi invisible, l’angoisse peut rapidement naitre de le voir partout et tout le temps. De plus, les maladies hautement contagieuses et mortelles comme la peste bubonique ou le choléra sont ancrées dans l’imaginaire collectif.

Pourtant, les données virologiques sont plus rassurantes :

  • Les coronavirus sont des virus à enveloppe, ce qui veut dire que leur capacité à survivre sur des surfaces sèches et inertes est limitée, surtout si on la compare à des microbes à spore comme le clostridium tetani.
  • Il ne faut pas penser qu’une particule virale suffit, à elle seule, à rendre un individu malade. On ne dispose pas de chiffre précis pour le SARS-CoV2 mais on considère, à la lumière des connaissances acquises sur les autres coronavirus, qu’il faut recevoir environ 1000 particules virales dans les voies respiratoires pour être contaminé.
  • Les particules virales sont contenues dans des micro-gouttelettes qu’une personne contaminée dissémine autour d’elle lorsqu’elle éternue, tousse, parle et respire.
  • Le risque de dissémination et donc de transmission des particules virales dépend du nombre de micro-gouttelettes générées et de leur cinétique d’expulsion :
    On considère qu’un éternuement ou la toux génèrent 200 millions de particules virales pouvant être projetées à plusieurs mètres de distance. L’élocution génère aussi des postillons et des micro-gouttellettes mais en quantité et à distance moindre selon que l’on parle plus ou moins fort. La respiration quant à elle génère un nombre très faible de particules virales et qui se répandent à très faible distance.

Souvenons-nous également que la transmission du virus peut se faire selon quatre modes :

  1. La transmission directe : lorsqu’une personne COVID+ vous tousse ou vous éternue au visage ou lorsqu’une manoeuvre de soins expose votre visage en contact direct avec l’oro-pharynx d’un malade comme c’est le cas lors de l’intubation d’un malade, lors d’un prélèvement nano-pharyngé ou lors de soins dentaires. Le risque d’être contaminé par ce mode de transmission est, de fait, le plus élevé.
  2. La transmission indirecte sans objet :
    Exemple : une personne infectée tousse dans sa main, puis vous serre la main, puis vous mettez votre main au visage.
  3. La transmission indirecte par objet :
    Exemple : une personne tousse dans sa main, puis touche une poignée de porte. Vous touchez à votre tour la poignée de porte, puis vous portez votre main au visage.
  4. La transmission indirecte par double objet :
    Exemple : vous accrochez votre manteau sur le même porte-manteau que celui d’une personne infectée. Le risque d’être contaminé de cette manière est le plus faible.

Le risque de transmission n’est donc pas le même dans toutes les situations du quotidien. Les deux premiers modes de transmission (directe et indirecte sans objet) sont, de loin, celles qui doivent mobiliser notre attention.

LES FONDAMENTAUX AU CABINET DENTAIRE

De ces principes virologiques découlent les moyens pour réduire au maximum le risque de contamination (sans pour autant l’annuler, du fait de la nature de notre activité) :

Mieux que le savant de Marseille, le savon de Marseille, lui, a fait ses preuves.
  • TRIAGE DES PATIENTS :
    Grâce à un questionnaire type, il est possible de repérer les patients potentiellement COVID+ lors de la prise des RDV téléphoniques et lors de leur arrivée au cabinet (prise de température). Reste la menace des porteurs asymptomatiques et des « super-propagateurs » et la vigilance s’impose, même après le passage des patients au sein du cabinet.
  • PORT DU MASQUE :
    Les patients doivent être invités à porter un masque lorsqu’ils se présentent au cabinet. S’ils n’en n’ont pas, le cabinet leur en fournir un.
  • LAVAGE DES MAINS :
    Les patients doivent être immédiatement invités à se décontaminer les mains de préférence par lavage au savon et/ou par une solution hydro-alcoolique.
  • AÉRATION DES LOCAUX :
    Les endroits clos (et de surcroit s’il sont densément fréquentés) sont très propices à la transmission des particules virales. L’aération régulière est un moyen simple et incroyablement efficace pour évacuer les particules virales en suspension dans l’air.
  • DISTANCIATION SOCIALE :
    En dehors des procédures de soins au fauteuil, la distanciation sociale s’impose car elle a fait ses preuves. Pas de poignées de mains, distance inter-personnelles, limitation maximale du nombre de personnes à l’intérieur du cabinet dentaire et des lieux clos en général…

L’ACIDE HYPOCHLOREUX

Vous l’avez sans doute déjà constaté : le prix d’achat des produits de désinfection (solutions de désinfection des surfaces, lingettes désinfectantes…) ont fortement augmenté et les délais d’approvisionnement dans un marché tendu augmentent eux aussi.

L’attention de nombreux professionnels de santé s’est porté sur un désinfectant naturel, économique, écologique, facile à fabriquer soi même et présentant un spectre d’action anti-microbien très large, en particulier sur les virus.

L’acide hypochloreux (HOCl) est un oxydant puissant dont on retrouve la production naturelle dans les cellules immunitaires animales. L’HOCl est aussi un acide faible ayant un fort pouvoir désinfectant (100 fois plus que l’eau de Javel). Il présente l’avantage d’être non toxique pour les humains, il n’irrite ni la peau ni les yeux et il est tout à fait possible de l’utiliser pour désinfecter les fruits et les légumes avant leur consommation.

L’HOCl n’est pas corrosif pour les surfaces sur lesquelles il agit et, lorsqu’il est utilisé en spray, il s’évapore très rapidement, sans laisser de résidus. Il est utilisé depuis des décennies pour la désinfection des sites de productions alimentaires, des hôpitaux, des sites de traitement de l’eau etc.

Pour obtenir une solution d’HOCl, il suffit de réaliser l’électrolyse d’un mélange d’eau (H2O) et de sel (NaCl). Des équipements sont facilement disponibles, pour un coût extrêmement faible, et permettent de produire, à volonté, une solution désinfectante dont on veillera à maintenir le pH entre 5 et 6 pour en assurer la stabilité pendant 24H.

Voici donc la recette-maison de l’HOCl :

  • 1L d’eau distillée
  • 2 grammes de sel fin, non iodé (sel régénérant pour lave-vaisselle)
  • 3mL de vinaigre blanc (acide acétique) pour stabiliser la solution
  • 8 minutes d’électrolyse
  • vérifier le pH avec un papier pH ou un pH-mètre
  • vaporiser au moyen d’un spray ou d’un nébuliseur pour les plus grands espaces

Pour en savoir plus sur l’HOCl :

CONCLUSION

Malgré un titre un brin provocateur, il semble important de préciser que nous n’en avons pas encore totalement terminé avec le SARS-CoV2. Bien que la décrue de l’épidémie se confirme à l’heure où nous écrivons ces lignes, les risques de réactivation précoce ou tardive de la Covid19 ne peuvent pas être écartés. Mais les leçons que nous aurons su tirer de cet épisode devront impérativement nous servir pour affronter une éventuelle résurgence de la maladie.


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8 commentaires sur “Covid-19 : Comment en Finir?”

  1. J Etcheverry

    Merci pour cet article. Excellente analyse, la méconnaissance du virus nous a conduit effectivement a des protocoles tres lourds onereux et chronophages mais qui s imposaient par principe de précaution. Ton exposé demontre qu il est de notre devoir aujourd hui de reflechir a des protocoles plus souples et compatibles avec un exercice qualitatif sans pour autant reduire notre vigilance. Un nouveau challenge pour notre profession.

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    • thedentalist

      Salut J,
      et merci pour ton commentaire.
      Il nous a semblé nécessaire en effet d’aller dans ce sens alors que s’accumulaient les recommandations de tous bords et qui ont pour effet de nous faire perdre de vue les notions essentielles. Tu as raison d’insister sur le fait qu’il faut rester très vigilant sans non plus tomber dans l’inhibition de l’action. Le risque zéro n’existe pas comme on l’entend souvent mais c’est à nous de le maintenir à son plus bas niveau possible.

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  2. paulantoine

    salut,
    qui utilise cette solution désinfectante? est elle vraiment efficace? et est elle reconnue par l’HAS?
    merci!

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    • thedentalist

      Salut paulantoine,
      cette solution est très utilisée en Asie (vidéo ici) et aux USA
      toute les recherches sur internet que j’ai pu faire sur le sujet depuis plusieurs semaines confirment son large spectre anti-bactérien
      elle est reconnue par le Center of Desease Control and Prevention (lien ici) et l’Agence de Protection Environnementale (https://www.epa.gov/pesticide-registration/list-n-disinfectants-use-against-sars-cov-2-covid-19) aux USA. On la trouve aussi sur les listes des produits recommandés par les agences de santé en Australie (https://www.health.gov.au/sites/default/files/documents/2020/03/environmental-cleaning-and-disinfection-principles-for-covid-19.pdf). C’est sérieux et il y en a beaucoup d’autres…
      Concernant notre HAS… comment dire… comme à son habitude : exhaustive (pour se couvrir sous tout un tas de parapluies administratifs)) mais toujours aussi peu pertinente (N.B : elle recommande toujours de ne pas prescrire d’AINS dans le cadre de la COVID19 depuis que le ministre O. Véran avait émis cette hyptohèse, à la télé, début mars 20120 alors qu’aucune étude mené sur le sujet ne l’a confirmé depuis). Concernant les désinfectants, la seule référence est celle faite à la norme NF EN 14476… A chacun évidemment de se procurer cette norme et de se l’éplucher.
      Quoi qu’il en soit, les dérives chlorés (dont fait partie l’HOCl et le NaOCl) font partie de ont fait leurs preuves depuis bien longtemps.
      Je comprends tes doutes (car j’ai été moi même récemment découvert cette molécule, et j’ai été surpris par son utilisation et son mode fabrication) mais de grâce, prenons nous aussi un peu de recul vis à vis de la HAS et de toutes ces agences gouvernementales sclérosées. Ne pensons pas qu’il faille toujours attendre leurs sacro-saintes recommandations pour bouger un cil. Cette crise sanitaire l’a largement démontré.
      Amitiés.

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  3. Joelle Tarissan

    bonjour, je suis représentante au Québec, Canada et j’aurais aimé avoir des études sur ce produit HOCL, vinaigre, sel, eau et électrolyse. Savez-vous où je pourrais obtenir ces études concernant l’efficacité de HOCL
    Merci infiniment

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    • thedentalist

      Bonjour,
      des liens vers des études sont inclus dans le texte de l’article : « Pour en savoir plus sur l’HOCl »
      Cordialement.

      Répondre

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