Les Réseaux Sociaux Dentaires – Partie 2

Après avoir vu dans la première partie de cet article les caractéristiques des principaux réseaux sociaux (RS) et les rôles grandissant qu’ils jouent désormais dans nos vies, nous allons à présent détailler les avantages, les inconvénients et les risques à les utiliser dans le domaine de la dentisterie.

La dentisterie a la particularité d’être un métier où il est fréquent de se sentir isolé, surtout pour les praticiens qui exercent seuls. Les réseaux sociaux dentaires permettent de se connecter avec n’importe quel confrère ou groupe professionnel et d’atténuer ce sentiment d’isolement.
De plus, notre activité est particulièrement exposée au stress professionnel avec un taux élevé de suicide, de dépressions et de burn-out. Les réseaux sociaux dentaires offrent un soutien pour échanger des expériences, des avis et des solutions à nos problèmes.

Les réseaux sociaux ont énormément facilité les échanges et les discussions autour des cas cliniques. Il est facile de rapidement poster un cas et demander leurs avis et leurs conseils à toutes les communautés dentaires auxquelles vous êtes connectées. Cela est particulièrement utile pour les praticiens débutants et chacun peut s’enrichir en observant les publications de praticiens expérimentés et reconnus ou bien en recherchant des formations intéressantes.

Comment bien présenter un cas clinique sur les RS?

Pour qui recherche un emploi, une évolution de carrière ou pour promouvoir son activité, les réseaux sociaux dentaires sont un moyen puissant pour vous connecter avec les personnes ou les groupes qui vous permettront d’atteindre vos objectifs professionnels.


L’inconvénient principal des réseaux sociaux est que leur utilisation est très chronophage. Si vous multipliez les plateformes, et que vous souhaitez être actif sur chacune d’elle, le temps nécessaire pour en explorer tous les contenus puis pour vous exprimer sera décuplé et risque de vous déconnecter de la vraie vie. Le phénomène d’addiction aux écrans et aux réseaux sociaux commence à être étudié et beaucoup de scientifiques alertent sur ce sujet.

Cliquez ici pour voir une vidéo de l’excellent Simon Sinek à ce sujet.

Autre effet indésirable des RS est l’anxiété qu’ils génèrent chez leurs utilisateurs réguliers. Là aussi, de plus en plus d’études montrent que les contenus postés sur les réseaux sociaux sont ultra-sélectionnés, enjolivés pour donner du crédit à celui qui les met en avant (phénomène de « cherry-picking ») et ne sont qu’une distorsion flatteuse de la vie réelle, rarement le quotidien de ceux qui les postent. Face à cela, il devient alors très facile de se sentir intimidé, frustré et très/trop critique envers sa propre réalité. Prenez du recul et ne comparez pas votre quotidien à celui de ceux qui postent des contenus spectaculaires.

Les multiples sources d’informations issues des RS dentaires présentent également des dangers pour les jeunes praticiens peu expérimentés. Les contenus ne sont que très rarement régulés par un comité scientifique ou de relecture et les techniques présentées ne sont pas toujours celles qui se recommandées ou scientifiquement acceptées, des certitudes sont trop vites assénées. Les étudiants doivent s’en tenir à ce qui leur est enseigné car c’est ce qui fera foi pour leurs évaluations et ceux qui publient du contenu doivent veiller à justifier leurs travaux ou leurs avis sur les bases de la dentisterie basée la preuve scientifique.
Evidence-based Dentistry : Oui – Facebook-based Dentistry : Non.

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Pour le bien de tous, les publications de cas cliniques sur les réseaux sociaux doivent respecter des règles de notre profession aussi bien sur le fond que sur la forme. L’anonymat de nos patients doit être respecté, les photos ne doivent pas être malhonnêtement retouchées et des règles éthiques doivent s’appliquer.


Bien que les réseaux sociaux soient une formidable opportunité pour créer du lien, d’échanger des idées et des contenus, de lutter contre l’isolement et le stress professionnel, nous sommes parfois confrontés à des interactions extrêmement négatives. Le terme « trolls » désigne les individus qui se complaisent à polémiquer ou à irriter, voire blesser les autres utilisateurs. La communauté dentaire n’est malheureusement pas épargnée.

Les règles déontologiques auxquelles nous sommes soumis dans la vraie vie doivent s’appliquer de la même manière sur les RS, même si vous êtes cachés derrière un écran et un pseudo. Nous sommes des professionnels de santé et à ce titre, nous ne devons en aucun cas harceler, agresser ou manquer de respect à nos interlocuteurs du monde virtuel. Il est tout à fait possible d’être en désaccord avec quelqu’un et d’engager une discussion pour faire valoir son point de vue, avec courtoisie. Mais pour que les RS restent des endroits fréquentables, chacun doit montrer l’exemple, tout le temps.

CONCLUSION

Les RS font désormais partie de nos vies pour le meilleur comme pour le pire. La dentisterie peut bénéficier des avantages des RS à condition que chacun les utilise avec la prudence qui s’impose. C’est particulièrement nécessaire lorsque l’on sait que les risques liés aux RS peuvent affecter très négativement à la fois notre santé mentale, nos confrères et nos patients.


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